Histoire de l’ART

Voyage au cœur de l’Art  en compagnie de femmes artistes

Animateur : Emmanuel Grégoire
licencié en Philosophie et Lettres –
Orientation Histoire de l’Art et Archéologie

Cycle de 8 conférences : lundis 24/09 – 22/10 – 26/11 – 17/12/2018 et 28/01 – 25/02 – 18/03 – 29/04/2019  de 18h à 19h30.
Participation : 8 euros/conférence – 56 euros pour le cycle.

Le cycle de conférences « Histoire de l’Art » proposé cette saison sera intégralement dédié aux femmes artistes. Le conférencier Emmanuel Grégoire souhaite ainsi mettre au-devant de la scène un ensemble de personnalités trop peu fréquentées par le grand public. 

  • Le 24/09 : Du baroque aux Lumières

Artemisia Gentileschi (1593–1652), Rosalba Carriera (1675-1757) et Élisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842)

Dans l’Italie baroque des XVIIe et XVIIIe siècles émergent des personnalités artistiques telles qu’Artemisia Gentileschi et Rosalba Carriera. La première affronte son père, la société et même la justice de son époque afin de déployer ses talents qui lui serviront entre autre à présenter des héroïnes bibliques qui nous apparaissent nouvelles sous son pinceau. La seconde, dentellière puis miniaturiste, profite de l’engouement touristique pour Venise d’abord avant d’exceller ensuite dans la technique du pastel qu’elle exporte et développe dans une France qui l’attendait. Quant à Élisabeth Vigée-Lebrun, elle comblera les goûts artistiques de la reine Marie-Antoinette avant de quitter les aléas révolutionnaires pour rejoindre les cours de Naples et de Vienne.

 

  • Le 22/10 : Du réalisme au naturalisme, De la France à la Belgique

Rosa Bonheur (1822-1899) et Cécile Douard (1866-1941)

Dans la France du milieu du XIXe siècle, Rosa Bonheur mène une double révolution, anoblir la peinture animalière en lui offrant le grand format, elle, une femme dans un monde d’hommes. Au « réalisme » de celle-ci succède le « naturalisme » de celle-là. En effet, en adoptant une palette chromatique « charbonneuse », Cécile Douard, avant d’être marquée de cécité, peindra la misère minière de la femme au travail dans la région du Borinage.

 

  • Le 26/11 : Dans le Nord : de Skagen à la Finlande

Anna Ancher (1859-1935), Marie Kroyer (1867-1940), Ella Heide (1871-1956), Anna Palm de Rosa (1859-1924) et Helene Schjerfbeck (1862-1946)

La révolution picturale impressionniste qui marque la France et nos régions durant la seconde moitié du XIXe siècle est un phénomène remarquable mais non isolé. La lumière du Nord, celle que l’on trouve à l’extrémité septentrionale du Danemark permettra elle aussi de mener en profondeur une réflexion sur la lumière. C’est le groupe dit de Skagen qui s’est lancé dans cette aventure passionnante. La seule femme de cette communauté à acquérir une reconnaissance artistique est Anna Ancher tandis que Marie Kroyer reste dans l’ombre de son mari. Le groupe faisant école, il sera rejoint, une génération plus tard par Ella Heide et par la suédoise Anna Palm de Rosa. Quant à la finlandaise Helene Schjerfbeck, partie des considérations émanant du Jutland, elle transcendera tous les courants artistiques jusqu’à sa mort en 1946. 

 

  • Le 17/12 : Créatrices et ouvrières de l’Art Nouveau

Henriette Gallé (1848-1914), Gabrielle Canivet-Montald (1867-1942), Hélène Du Ménil-De Rudder (1869-1962) et Caroline Cauchie-Voet (1875-1969)Sans une présence féminine à leurs côtés, les grands représentants de l’Art Nouveau auraient-ils pu nous proposer une aventure aussi extraordinaire ? Isolons deux grands centres, d’un côté la France, avec l’école de Nancy et ces noms connus mais ici précédés de prénoms féminins : Henriette Gallé et Marie Prouvé, sans oublier : Rose Wild, Madeleine Deville et Marie Blesz ; de l’autre la Belgique, à Bruxelles essentiellement où Gabrielle Canivet-Montald, Hélène Du Ménil-De Rudder et Caroline Cauchie-Voet œuvrent à l’élaboration et au suivi de cette esthétique originale et brève. 

 

  • Le 28/01/2019 : Les avant-gardistes

Suzanne Valadon (1865-1938), Gabriele Münter (1877-1962), Sonia Delaunay (1885-1979) et Marthe Donas (1885-1867)

Chacune de ces personnalités, y compris la belge méconnue Marthe Donas, a contribué au développement des différents courants artistiques qui essaiment au début du XXe siècle et font voler en éclats les dernières règles académiques héritées du siècle précédent. Leur production picturale peut être classée dans les tiroirs à « -isme » de la grande armoire avant-garde : expressionnisme, fauvisme, cubisme, orphisme… Mais la richesse et la diversité de leurs investigations en font plutôt de grandes modernes que les échantillons d’un style. 

 

  • Le 25/02 : Les femmes dans la tourmente : décrire et se souvenir de l’univers concentrationnaire

Jeanne Letourneau (1895-1979), Charlotte Salomon (1917-1943) et Ceija Stojka (1933-2013)

Chacune de ces artistes a eu à subir la terrible expérience de la réclusion dans l’univers concentrationnaire et chacune d’elle a laissé un témoignage relatif à ces douloureux événements mêlant intimement mots et images. Les dessins de Jeanne Letourneau accompagnent Clichés barbares, le récit d’une déportée « politique » au camp de Ravensbrück où elle passe deux années. Avant de mourir à Auschwitz en 1943, Charlotte Salomon a laissé un ensemble de 800 gouaches – aquarelles constituant Est-ce la vie ou le théâtre ?, présentation ponctuée de citation de la littérature allemande décrivant sa vie avant l’enfermement. Autrichienne d’origine tzigane, Ceija Stojka a attendu plus de quarante ans après sa libération de Bergen-Belsen pour dire et peindre la déportation de son peuple.

 

  • Le 18/03 : Diptyque sculpté

Germaine Richier (1902-1959) et Louise Bourgeois (1911-2010)

De la première, Louis-Jacques Guigues a dit : « derrière le paravent de ses bonnes manières, derrière son sourire de Joconde égarée dans un univers qui ne semblait pas être fait pour elle, Germaine Richier n’était que feu, tension, volcan toujours prêt à exploser ». Et de la seconde, surnommée « la lionne de l’art contemporain », on épinglera : « certaines personnes sont tellement obsédées par le passé qu’elles en meurent. Si votre volonté est de refuser d’abandonner le passé, vous devez le recréer. Vous devez faire de la sculpture. »

 

  • Le 29/04 : Des femmes derrière l’objectif

Bettina Rheims (1952), Brigitte Lacombe (1950), Dolorès Marat (1944), Julie de Waroquier (1889), Sophie Calle (1953) Cette dernière intervention fera la part belle aux photographes françaises de la seconde moitié du XXe siècle afin de revoir les portraits de femmes de Bettina Rheims et les photos de célébrités de Brigitte Lacombe, de découvrir l’imagination que suscite la simplicité du quotidien dans les clichés de Dolorès Marat et les mises en scènes surréalistes ou oniriques de Julie de Waroquier, d’apprécier le travail de Sophie Calle dont le sujet de prédilection est elle-même.

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Dans le cadre des conférences d’Histoire de l’Art

Escapade à la Fabuloserie
et au Musée Camille Claudel en France

Un voyage de 2 jours sera organisé au printemps prochain, dernier week-end d’avril ou premier week-end de mai (à déterminer). Ce voyage s’effectuera en co-voiturage.

Le 1er jour, nous visiterons la Fabuloserie.

La Fabuloserie est un lieu imaginé et conçu par l’architecte Alain Bourbonnais pour abriter sa collection d’art hors-les-normes. L’espace se compose d’une « maison-musée » où sont exposées plus de mille créations allant des dessins de Yanko Domsic aux bourrages de Francis Marshall, en passant par l’étonnante production des Turbulents d’Alain Bourbonnais lui-même. Un musée de plein air, dit « le jardin habité », présente les sculptures d’habitants-paysagistes : Camille Vidal, Jules Damloup, les girouettes de Jean Bertholle et l’étonnant manège de Petit Pierre.

Le 2ème jour, en matinée, balade dans le bois des pauvres à Milly-la-Forêt pour découvrir le Cyclop, sculpture monumentale construite par le sculpteur suisse Jean Tinguely en collaboration avec Niki de Saint Phalle.

L’après-midi sera consacré à la visite du Musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine. C’est un musée qui s’est ouvert en 2017 et qui est consacré à l’œuvre de Camille Claudel et à la sculpture de l’école française du XIXe siècle.