Michelle Tulpinck (alias Chimène)
Artiste plasticienne et conteuse visuelle

Je suis une artiste plasticienne belge, née dans le dessin, nourrie de contes, de légendes et de mondes hybrides. Mon travail se situe à la croisée de l’imaginaire et du réel, là où les frontières se brouillent entre l’humain, l’animal, l’objet et le territoire. Je développe une pratique pluridisciplinaire mêlant dessin, installation, vidéo, son et parfois performance. À travers cette richesse de médiums, je cherche à créer des expériences sensibles qui résonnent avec nos fragilités, nos transformations et nos mémoires partagées.
Mon univers visuel est fortement marqué par le fantastique, le symbolisme et les figures liminales. J’aime donner corps à des créatures hybrides, aux bois de cerf symboliques, aux formes organiques qui évoquent à la fois le vivant, le sacré et l’étrange. Mes dessins sont minutieux, parfois oniriques, souvent habités d’un souffle inquiétant, où le merveilleux côtoie la ruine, où le mythe surgit du quotidien.
J’interroge les thèmes de l’identité, de la métamorphose, de l’exil intérieur et des territoires oubliés. Mon travail s’ancre parfois dans des lieux spécifiques, comme le Condroz, qui devient alors trame poétique, mémoire enfouie ou laboratoire d’expérimentation. Je m’intéresse aussi à l’impact du temps, aux traces, aux objets abandonnés, à ce que les marges peuvent révéler du centre.
Je crée des œuvres qui invitent à ralentir, à regarder autrement, à écouter ce qui tremble sous la surface. Mon projet artistique inclut également une dimension sociale et réflexive : j’aime collaborer, interagir avec le public, questionner la place de l’art dans nos vies et imaginer des formes de narration alternatives — comme une bibliothèque d’archives sensibles, une sculpture-souvenir ou un abri éphémère fait de film plastique pour un pique-nique collectif.
Lauréate de 9 prix artistiques, j’ai exposé dans divers centres culturels et participé à des projets collaboratifs (notamment avec le collectif Brol et les peintres du Condroz). Je poursuis aussi mes recherches entre école, terrain et atelier. J’ambitionne de faire de mon art un métier à part entière, de transmettre ma passion à travers l’enseignement et d’ouvrir des espaces de réflexion et d’émerveillement.
Ce que je cherche avant tout, c’est toucher quelque chose d’essentiel, d’intime et d’universel. Une trace. Une voix. Une présence. Un souffle.
Explication de la couverture

Ce dessin, réalisé à l’encre et à l’acrylique, représente autant de fragments d’un langage visuel qui cherche à tisser des liens entre les êtres, les idées et les émotions. Chaque forme semble à la fois naître de l’intérieur et s’étendre vers l’extérieur, dans une pulsation vivante. Il ne s’agit pas de simples compositions graphiques : ce sont des organes symboliques, des cartographies sensibles qui parlent de notre manière de nous connecter les uns aux autres. Le dessin peut être lu dans tous les sens, et quand on les aligne, ils créent un motif infini, un monde où tout semble résonner en chœur.

À travers l’utilisation de la ligne noire — vibrante, hachurée, parfois nerveuse — et de larges aplats de couleur — violet, vert, bleu électrique, rouge, mauve —, le projet met en scène, tant pour la couverture que pour les intercalaires, un monde en constante transformation ; un monde qui nous invite à raisonner encore, autrement. La couleur agit ici comme une onde, une énergie qui traverse, révèle et relie.
Ce travail explore l’idée de notre interdépendance, nous sommes tous interconnectés par des flux invisibles, mais palpables. Chaque dessin devient alors une métaphore de l’apprentissage partagé : apprendre à se lire, à se ressentir, à se reconnaître dans l’altérité. C’est une invitation à vibrer ensemble, à faire résonner nos forces et nos failles dans un même mouvement organique.